Quand tu penses à un palais de justice, tu t’imagines peut-être un PALAIS orné de boiseries luxueuses et de grandes colonnes de marbre. L’ambiance qui y règne est difficile à décrire… à mi-chemin entre la soirée mondaine et l’après-midi au salon funéraire. Pas très« décontractée », en tout cas! Dans la salle d’audience, le juge porte fièrement sa perruque blanche, tandis que les avocats plaident en grandes toges noires. Bref, c’est la justice avec un grand« J ».
Même si notre système de justice comporte son lot d’us et coutumes, il est moins« folklorique » qu’on pourrait le croire de prime abord! Si tu as déjà songé à devenir avocat ou juge simplement pour pouvoir porter des déguisements rigolos, tu devrais lire ce qui suit.
C’est bien souvent le cinéma qui alimente notre perception du système de justice. Mais il faut comprendre que les films étrangers nous donnent une image des tribunaux qui ne colle pas forcément à notre réalité. À titre d’exemple, les juges du Canada n’ont jamais porté de perruques! C’est une tradition de l’Angleterre comme le thé et les cabines téléphoniques rouges.
La toge
Pourquoi les avocats portent-ils la toge? Parce que, historiquement, ce vêtement indique que la personne qui le porte exerce une fonction des plus importantes. La toge s’inspire en effet de la soutane que revêtaient les hauts représentants de l’Église. Au XVIIe siècle, les avocats ont commencé à la porter afin qu’on reconnaisse le caractère solennel de leur profession.
L’habillement des juges de la Cour suprême
Pour des raisons similaires, les juges de la Cour suprême portent une énorme toge rouge au col en vison blanc lors d’occasions spéciales. Tu as peut-être déjà vu ce costume à la télévision : c’est un genre d’habit du Père Noël! (Tu peux consulter le
site Web de la Cour suprême pour en avoir un aperçu.) Heureusement pour eux, les juges de la Cour suprême revêtent une toge qui ressemble à celle d’un juge d’une cour inférieure lors des procès, car la toge« Père Noël » est vraiment chaude!
Le maillet
Que fait un juge lorsque la salle d’audience est bruyante ou que le désordre s’y est installé?« À l’ordre SVP, à l’ordre! », quelques coups de maillet (un marteau en bois à deux têtes) et hop! le tour est joué. Erreur! Les juges au Canada n’utilisent pas le maillet pour rétablir l’ordre. C’est l’huissier-audiencier qui est responsable de maintenir la paix dans la salle d’audience. Par contre, cet outil est utilisé par les juges aux États-Unis. D’où la confusion : dans un film américain, c’est réaliste, mais dans un film québécois, ça relève de la pure fiction.
Les expressions latines
Ta grande sœur étudie le droit à l’université. Question d’épater la galerie au dernier party de famille, elle s’est mise à prononcer des expressions latines! Même si certaines de ces formules demeurent largement utilisées en droit (mens rea, actus reus et audi alteram partem, par exemple), le latin est de moins en moins employé par les juristes. On peut même affirmer qu’il est en voie de disparition! Ainsi, la prochaine fois que ta sœur fera étalage de son latin, tu pourras lui rappeler qu’elle ne connaît tout au plus qu’une dizaine d’expressions de cette langue.
Les salles d’audience
Les plus hautes cours du pays sont effectivement d’un grand luxe. Il s’agit, après tout, de lieux où sont prises des décisions extrêmement importantes, et ils doivent en conséquence refléter le caractère solennel de nos institutions. Toutefois, les autres cours de justice, en règle générale, ne jouissent pas d’un décor somptueux. Fait cocasse : à l’origine, la Cour suprême du Canada était située dans un tout petit édifice... l’ancienne écurie du Parlement!
La déférence
Quand les gens sont appelés à témoigner, ils se posent tous la même question :« Comment dois-je m’adresser au juge? Votre Seigneurie, votre Excellence, votre Honneur, votre impériale Grandeur, votre Ouistiti suprême? » La réponse?« Monsieur le Juge » ou« Madame la Juge », tout simplement. Dans le but de rendre nos cours plus accessibles et moins intimidantes, l’utilisation de titres honorifiques pompeux a été délaissée au fil du temps.
Tu peux donc constater que, même si notre système de justice demeure imprégné d’histoire et de tradition, il reste malgré tout très moderne.