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Travail et école

1. À partir de quel âge un enfant peut-il travailler?
Contrairement à une croyance répandue, ce n’est pas à 16 ans qu’un jeune peut légalement commencer à travailler... mais bien avant! En fait, au Québec, la loi ne fixe pas d’âge minimum pour le travail d’un enfant mais il existe tout de même certaines règles.

En effet, la Loi sur les normes du travail prévoit qu’un employeur n’a pas le droit :
  • de faire faire un travail trop exigeant par rapport aux capacités d’un adolescent ou un travail qui peut affecter négativement sa santé, son développement ou son éducation;
  • de le faire travailler sans la permission écrite des parents, sauf s’il a 14 ans et plus (même s’il n’est pas nécessaire d’avoir l’autorisation des parents à 14 ans et plus, certaines conditions doivent être respectées);
  • de le faire travailler durant les heures de classe s’il a encore l’obligation de fréquenter l’école ou entre 11 heures du soir et 6 heures du matin (sauf pour un emploi de livraison de journaux ou d’artiste).
L’employeur doit aussi prévoir un horaire de travail qui permette à l’adolescent d’être chez lui avant 11 heures du soir, sauf s’il n’a pas d’école le lendemain. Mais attention! Cette règle ne s’applique pas aux jeunes moniteurs de camp ou animateurs de groupes de loisirs, aux artistes et à ceux qui logent chez leur employeur, comme les aide-ménagères.

Sache finalement que la Loi sur les normes du travail ne s’applique pas aux gardiens et gardiennes d’enfants ou aux autres jeunes qui font du travail occasionnel (tondre la pelouse, par exemple).
2. Est-ce que les autres pays du monde encadrent de la même façon le travail des enfants?
Non. Même si plus de 190 pays (États) ont signé la Convention, la question du travail des enfants n’est pas réglée de la même façon partout. Certains pays permettent aux enfants de travailler très jeunes sous certaines conditions alors que d’autres préfèrent interdire carrément le travail des enfants.

Selon un rapport du Bureau international du travail (le B.I.T.), environ 317 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans exerçaient une forme ou une autre de travail en 2004 et126,3 millions d’entre eux exerçaient un travail dangereux. Un travail dangereux est un travail qui nuit au bien-être physique, mental ou moral d’un enfant, comme un travail qui demande trop d’heures de travail ou une rigueur excessive ou encore, la prostitution ou l’esclavage.

On retrouve principalement les jeunes travailleurs dans les secteurs de l’agriculture, de la vente à petite échelle (boissons, fruits, souvenirs), de l’artisanat et des services (ramassage d’ordures, cirage de chaussures).

La situation de Mélanie, qui travaille de longues heures dans le resto de ses parents, n’est donc pas complètement étrangère à la situation de d’autres enfants à travers le monde.

Malgré tout, travailler n’est pas toujours une chose négative pour les enfants. En effet, des études ont démontré qu’un travail à temps partiel peut avoir des effets positifs sur la responsabilisation et la productivité future des adolescents au Canada. Le travail peut être bénéfique et valorisant, en plus de permettre de développer des habiletés techniques et sociales que l’école ne permet pas d’apprendre.
 
Ce que dit la convention...
La Convention relative aux droits de l'enfant oblige les États partie à fixer un âge minimal et à prévoir dans quelles conditions le travail des enfants peut être permis.

Cette règle vise à protéger les personnes de moins de 18 ans contre tout travail mettant en danger leur santé et contre les conséquences que pourrait avoir le travail sur leur éducation ou sur leur développement.

Lire l’article 32 de la Convention.

3. Mélanie est-elle obligée d’aller à l’école? Pourrait-elle tout simplement quitter l’école pour travailler?
Au Québec

Non. Au Québec, l’instruction est obligatoire dès l’âge de 6 ans et ce jusqu’à l’âge de 16 ans.

Il faut savoir que cela n’a pas toujours été ainsi. Jusqu’en 1943, l’école n’était pas obligatoire. Mais les parents trouvaient tout de même important d’y envoyer leurs enfants, même si l’assiduité n’était pas toujours au rendez-vous.En 1943, l’école est devenue obligatoire pour les enfants à partir de l’âge de 7 jusqu’à 14 ans. Cette tranche d’âge a changé aujourd’hui.

À l’époque, à cause de leur participation aux travaux agricoles, plusieurs enfants s’absentaient de l’école pendant de longues périodes. En région rurale, il n’était pas rare que les élèves quittent l’école à la fin de mars pour ne revenir qu’en novembre. Les garçons étaient particulièrement sollicités pour une foule de travaux essentiels à la bonne marche de la ferme : tondre les moutons, labourer, semer, récolter les légumes, faire les provisions de bois de chauffage, etc. De leurs côtés, les filles étaient très sollicitées pour aider à élever leurs plus jeunes frères et sœurs dans les familles nombreuses du Québec, et pour garder la maison propre. Cette réalité reflète encore aujourd’hui le mode de vie de plusieurs sociétés à travers le monde, même si, au Québec, ce n’est plus le cas.

Récemment, plusieurs intervenants du milieu de l’éducation ont proposé de hausser l’âge de fréquentation scolaire obligatoire à 18 ans afin de contrer le décrochage scolaire.

Dans le monde

L'âge jusqu’auquel les élèves doivent aller à l’école n'est pas le même partout dans le monde, même s’il varie de 14 à 16 ans dans la plupart des pays occidentaux. Par contre, certains états américains (comme la Californie, d’Hawaï et de Washington) ont fixé cet âge à 18 ans.

Certains pays ont trouvé des moyens de réconcilier le travail des enfants et le droit à l’éducation. Par exemple, au Mexique, il existe des mesures pour encourager les parents à envoyer leurs enfants à l’école. En effet, deux millions de familles reçoivent en moyenne 25 $ par mois parce que leurs enfants sont à l’école. Comme le revenu mensuel moyen de ces familles est d’environ 100 $, cette contribution fait toute une différence et permet de « compenser » pour les pertes de revenus qu’une famille doit subir en choisissant d’envoyer ses enfants à l’école plutôt que de les envoyer travailler.

 
Ce que dit la convention...
En devenant partie à la Convention relative aux droits de l'enfant, les États reconnaissent l’enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous.

La Convention prévoit aussi que les États doivent favoriser l'épanouissement de l'enfant et encourager la fréquentation scolaire et la prévention du décrochage par tous les moyens.

Lire l’article 28 de la Convention.

4. Mélanie est exténuée par son emploi du temps. Y’a-t-il une loi qui accorde aux enfants et aux adolescents le droit de se reposer et de s’amuser?
Même s’il est difficile de trouver dans nos lois des références directes à ce droit au repos, il existe plusieurs programmes mis en place par nos gouvernements pour veiller à ce que les enfants et adolescents aient une vie équilibrée. Par exemple, les écoles et les municipalités proposent de nombreuses activités récréatives : sport, improvisation, théâtre, danse, conseil étudiant, etc.

Il s’agit d’une réelle préoccupation, si bien que les États signataires de la Convention relative aux droits de l’enfant en ont fait un droit fondamental des enfants et des adolescents.

Selon une enquête de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) réalisée en 2005, les adolescents canadiens figuraient en tête d’une liste de neuf pays sondés pour les heures moyennes consacrées à l’école, aux devoirs, au travail et aux travaux ménagers pendant la semaine d'école. En effet, les adolescents canadiens ont consacré, en 2005, environ 7,1 heures par jour à ces activités. Avec un tel emploi du temps, l’horaire d’un adolescent peut être comparable à celui des adultes canadiens qui consacrent 50 heures par semaine aux mêmes activités.

La même étude a permis d’établir que près des deux tiers des adolescents canadiens (64 %) réduisaient même leurs heures de sommeil pour pouvoir accomplir tout ce qu’ils voulaient faire dans une journée!

Mélanie n’est donc pas la seule à ne plus avoir le temps d’être une adolescente!

 
Ce que dit la convention...
Les enfants et les adolescents doivent souvent jongler avec l’école, le travail et les tâches ménagères à la maison.

La Convention relative aux droits de l'enfant insiste sur le fait qu’il doit leur rester suffisamment de temps libre pour s’amuser, jouer, voir des amis, faire du sport et se reposer.

Lire l’article 31 de la Convention.

Pistes de réflexion

Maintenant que tu connais mieux les droits des enfants et des adolescents par rapport au travail, voici quelques pistes de réflexion qui pourrait t’aider à conseiller Mélanie et à répondre à la question-concours.


  • Jusqu’à quel point un enfant devrait-il travailler pour aider sa famille?
  • Le travail des enfants est-il plus acceptable s’il est fait dans sa famille?
  • Un parent devrait-il pouvoir interdire ou obliger son adolescent à travailler?
  • En quoi le travail peut-il être une bonne chose pour un adolescent?
  • Penses-tu que la loi devrait être plus sévère et interdire le travail à des jeunes de moins de 16 ans?
  • Trouves-tu que ce qui est prévu par la loi sur les normes du travail protège suffisamment les enfants?
  • Trouves-tu que Mélanie a de bonnes raisons de travailler autant?


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